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Les Hespérides du monde austronésien
Les historiens ont longtemps pensé que les premiers habitants de Madagascar étaient des métis d'Indonésiens et d'Africains, venus de la côte orientale de l'Afrique noire, vers le VIe siècle.
Une autre hypothèse affirme aujourd'hui que les Vazimbas, une population aux origines inconnues, étaient peut-être présents à Madagascar auparavant.
Une chose est cependant sûre: on ne trouve pas sur la «Grande Île» de vestiges datant de la préhistoire.
La découverte de Madagascar fut la conséquence d'un grand mouvement d'échanges commerciaux que des peuples austronésiens, dès le IIIe siècle av. J.-C., établirent dans l'océan Indien pour transporter vers l'Afrique, l'Arabie et la Méditerranée les plantes aromatiques, condimentaires et médicinales de l'Insulinde.
Au début de notre ère, un certain nombre de ces marchands austronésiens ont bien migré, par vagues successives, depuis la côte orientale de l'Afrique noire (Tanzanie et Mozambique actuels) pour s'établir à Madagascar.
Sur les terres neuves de la «Grande Île», ils importèrent le riz, le taro, la banane, la noix de coco et le gingembre.
Ils y naturalisèrent des arbres d'Insulinde comme le Cinnamomum, une variété de cannelier, et le Calophyllum, espèce alors utilisée pour les besoins de la charpenterie marine.
D'Afrique, ils firent venir zébus, moutons, chèvres et pintades.
Les moments de prospérité correspondaient à la formation de grandes unités territoriales rassemblant les anciennes principautés inspirées des institutions austronésiennes.
Aux XIe et XIIe siècles, les Bantous, en atteignant la côte du canal de Mozambique, provoquèrent la disparition des États austronésiens et les migrations vers les Hautes Terres centrales.
Cette double origine, à la fois africaine et asiatique, explique le métissage de la population et surtout de la civilisation malgache, tant dans le domaine économique (quoique la riziculture irriguée relève plutôt des pratiques indonésiennes) que dans les domaines culturel et religieux (culte des morts, notamment).
Les migrations se sont poursuivies jusqu'à une période récente. Peu à peu, les peuples de Madagascar se sont organisés en clans, dirigés par les anciens, et, à partir du XVIe siècle, en une multitude de petits royaumes. Pour la plupart, ils se sont implantés le long de la côte.
Malgré la grande diversité des peuples et des organisations politiques, la population malgache présenta toujours une grande unité, notamment par l'emploi d'une même langue et du fait de l'établissement de liens d'échanges entre les différentes régions.
Date de création : 08/06/2004 @ 12:43
Dernière modification : 08/06/2004 @ 12:43
Catégorie : Histoire
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